Lundi 25 avril 2011
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16:00
Léonie Martin, une (future) sainte pour aujourd'hui
Je voudrais vous présenter une des sœurs de la petite Thérèse dont on ne parle pas souvent. Il s'agit de « celle du milieu », la petite Léonie
Martin.
En effet, elle a beaucoup souffert, et sa mère souffrit beaucoup de sa grande faiblesse, de son caractère, car elle faisait des crises, ne se tenait pas bien comme ses sœurs. Dès la petite
enfance, la petite était très malade. Plus tard, elle souffrit d’eczéma, toute sa vie. Léonie avait de grandes difficultés intellectuelles,
elle n'arrivait pas à apprendre ses prières mais préférait plutôt qu'on lui parle de Jésus (elle pleurait les souffrances du Christ). Elle avait une approche différente, elle était très sensible,
et la prière vocale semblait moins lui convenir que sa forme de prière, ce qui la séparait un peu de la vie de prière de famille.
Elle souffrit aussi d'une servante, Louise, qui secrètement la forçait à travailler pour elle. La jeune fille mentit longtemps, prétendant qu'elle préférait aider Louise plutôt que de passer du
temps en famille. Elle craignait les menaces de la servante. Un jour, la situation fut découverte et Léonie fut délivrée de cela.
A l'école, elle ne tint pas longtemps étant donné ses difficultés intellectuelles, et on tenta plusieurs fois de la caser avec ses deux ainées. Finalement, elle parvint à rester en pension chez les Visitandines où elle avait une tante religieuse (qui lui était très proche) et où elle trouva peu à peu son
équilibre.
Elle perdit sa « paire », la petite Hélène Martin, qui mourut à l'âge de 5 ans. Elle-même avait 6 ans et demi. Cela l'affecta beaucoup, c'était bien avant la perte de sa mère (et de son
père). Pauline et Marie étaient toujours ensemble, tout comme Thérèse et Céline, et Léonie ayant perdu Hélène, n'avait plus personne. C'est la tragédie d'être « celle du milieu ».
Ses sœurs rentrèrent une à une au Carmel. Elle-même rêvait secrètement de se faire religieuse. On l'avait plusieurs fois amenée chez des Clarisses à Alençon, pour
confier sa santé. Un jour, elle demanda à y rester. Sa famille dut partir à Lisieux sans elle. Au bout de quelques mois, en raison de sa santé, elle dut ressortir. Elle
persévéra dans sa vocation, et se tourna vers les Visitandines qui étaient plus souples (moins austères), où sa tante religieuse était rentrée aussi car elle n'avait pu intégrer des Clarisses.
Léonie entra donc là, plusieurs fois (trois fois en vain), la première fois elle souffrit d'une Supérieure très stricte (plus que la
normale), qui surement fut responsable de la perte de beaucoup de vocations. La seconde fois, c'était toujours sa santé qui posait problème, son eczéma notamment, qui lui rendait le port du voile
difficile par exemple. La troisième fois où elle dut ressortir, abattue, ses deux parents avaient rejoint le Père, toutes ses sœurs (y compris la dernière, Céline) étaient rentrées
au Carmel de Lisieux.
Ce fut une expérience affreusement difficile de s'installer chez des membres de sa famille, qui vivaient très différemment de la vie de pauvreté du cloître. C'était surement très humiliant aussi.
Finalement, par la grâce de Dieu, et aussi car malgré que ses ainées l'appelaient « pauvre Léonie », sa sœur Thérèse croyait très fort en sa
vocation et l'encouragea beaucoup. Elle retourna à la Visitation, et cette fois-ci y resta toute sa vie. Une Supérieure très maternelle l'aida beaucoup. La lecture de Histoire
d'une Âme lui fut une grande aide, elle put être présente lors de l'enterrement de Thérèse (c'était la seule Martin qui pouvait s'y
rendre, en raison de la Règle stricte du Carmel).
On parle toujours très peu de Léonie Martin. Cependant, je ne cache pas que j'ai de l'admiration pour elle, ce pourquoi j'ai tenu à rédiger cet article. En effet, elle a persévéré dans sa vocation jusqu'au bout ! C'est vraiment admirable.
J'ai découvert sa vie par le biais des livres publiés directement par le Saint Siège, la Catholic Truth Society. On peut considérer Léonie comme une « enfant spirituelle » de
Sainte Thérèse. J'espère qu'elle pourra être béatifiée, un jour, si Dieu le veut.
On a tant de jeunes perdus, qui ne savent que faire d'eux-mêmes, qui tentent et retentent la vie contemplative sans y parvenir. Elle est un bon exemple pour
notre génération en souffrance.
Merci de m'avoir lue. Puisse Léonie vous apporter des grâces à vous aussi. Je suis heureuse de vous faire part de cette nouvelle amitié que j'ai nouée avec elle. + PAX